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lundi 16 février 2009

Fonte des Glaciers et Sécheresse s'accélèrent en Bolivie

Bolivie - Le volume des glaciers de la Cordillère Royale a fortement diminué depuis 1975. Cette perte s'est essentiellement produite entre 1975 et 2006 et, si elle se poursuit dans le futur, pourrait largement impacter les ressources en eau en Bolivie au cours de la saison sèche.

Grâce à une méthodologie basée sur des photographies aériennes réalisées de 1963 à aujourd'hui, les chercheurs ont dépassé les habituelles recherches axées sur la longueur des glaciers et déterminé les variations de volume de 21 glaciers. Situés principalement entre 4 800 et 6 000 mètres d'altitude, ces derniers constituent de précieux indicateurs climatiques et jouent un rôle significatif sur le débit des rivières en saison sèche.

Les chercheurs de l'IRD, du CNRS et de l'université Joseph Fourier de Grenoble ont tout d'abord reconstitué sur les 50 dernières années les variations de volume de 21 glaciers de la Cordillère Royale à partir de l'exploitation minutieuse de photographies aériennes prises en 1963, 1975, 1983, 1997 et 2006. Ces variations, plus difficiles à quantifier que la mesure de longueur d'un glacier, constituent de bien meilleurs indicateurs climatiques. Or, les débits des rivières en aval des glaciers sont dépendants des variations de volume - et non de longueur - des glaciers.

Les scientifiques ont pu conclure que le volume de ces glaciers a peu varié entre 1963 et 1975 mais, en revanche, que ces derniers ont perdu 43 % de leur volume entre 1975 et 2006.

Or, certains de ces glaciers alimentent indirectement en eau potable la ville de La Paz, capitale administrative du pays. La poursuite de leur perte de volume pourrait à terme poser des problèmes essentiels de ressources en eau pour la capitale de la Bolivie, notamment en saison sèche.

Source : Yahoo Actualités, Maxisciences

vendredi 6 février 2009

Chine : Pire Sécheresse depuis 50 ans

La Chine connaît la pire sécheresse depuis cinquante ans, surtout dans les huit provinces productrices de blé du nord du pays, a averti le gouvernement.

Plus de 4 millions de personnes n'ont plus d'eau potable. La crise atteint le niveau d'alerte deux, a précisé jeudi le service de l'Etat chargé du contrôle des inondations et des secours en cas de sécheresse.

Le bureau prend donc en main l'approvisionnement en eau de la région, avec un budget de 400 millions de yuans (45,8 millions d'euros) qui permettra de mobiliser les chemins de fer et l'aviation civile. Les niveaux de pluies se situent entre 50 et 80% en dessous de la normale dans les régions du nord du pays.

La sécheresse s'étend sur 10,33 millions d'hectares et les récoltes de blé sont menacées dans les huit provinces du Hebei, du Shanxi, de l'Anhui, du Jiangsu, du Henan, du Shandong, du Shaanxi et du Gansu. Deux millions de têtes de bétail sont aussi privées d'eau potable.

Source : AP, Yahoo Actualités

lundi 26 janvier 2009

Evènements Climatiques Majeurs 2008 au Canada

Deuxième plus grand pays du monde, couvrant près de 10 000 000 km², le Canada a très certainement un des climats les plus diversifiés de la planète, et peut être aussi un des plus spectaculaires. Durant l’année 2008, vague de froid, chutes de neige records, tornades, inondations, ont rythmé la vie des habitants de ce pays gigantesque. Comme chaque année (voir l'année 2006), le Ministère de l’Environnement Canadien a dressé la liste des dix événements climatiques les plus marquants de l’année.

Arrivent en tête de ce palmarès original, les pluies interminables de l’été qui ont touché tout le Sud-Est du pays. Près de 500 mm de pluie sont tombés, faisant de l’été 2008 le deuxième été le plus pluvieux des 65 dernières années, de surcroît, ponctué d’importantes tempêtes de grêle dévastatrices pour les récoltes et les vergers dans tout le pays.

Au même moment, dans le Nord, c’est le dégel en Arctique qui battait des records. Au mois août, le taux de fonte de la glace de mer a été le plus élevé jamais enregistré, la glace reculant à un rythme de 84 686 kilomètres carrés par jour, comparativement à 63 191 kilomètres carrés l’année précédente.

L’hiver 2007-2008 restera lui aussi dans les mémoires. Il a été parmi les plus longs et les plus enneigés que les Canadiens aient connus, avec près de 5 mètres de neige à Québec, plus de 3 mètres à Montréal.



Dans le Nord, ce sont des records de températures qui marquèrent les esprits. Avec une température minimale de -36 °C, le 14 décembre, il faisait plus froid à Edmonton qu’au pôle Nord. Dans les Prairies, le 29 janvier, on enregistrait l’impensable température de -59 °C.

Si le printemps s’est voulu plus clément, il n’a pas été vraiment paisible pour tout le monde. La rivière Saint Jean, dans l’Est, a connu une crue comme on n’en avait pas vu depuis 35 ans, poussant près de 1 000 résidents à quitter leur maison.

Les habitants de la côte Est, quant à eux, ont vu passer une série exceptionnelle d’ouragans. D’Arthur à Paloma, 16 tempêtes baptisées se sont formées dans le bassin de l’Atlantique durant la saison 2008.

Source : Elisabeth Leciak, Univers-Nature.com

jeudi 15 janvier 2009

La 11e Heure, le dernier Virage


La 11e Heure, le dernier VirageUn regard sur l'état de l'environnement et des solutions pour tenter de restaurer l'écosystème planétaire, à travers des rencontres avec une cinquantaine de scientifiques, intellectuels et leaders politiques.

Bande Annonce


Site Officiel
Film américain
Genre : Documentaire
Durée : 1h 31min.
Année de production : 2007

Réalisé par
Nadia Conners, Leila Conners Petersen
Avec
Leonardo DiCaprio, Feisal Abdul Rauf, Ray Anderson

Louez-le, Faites-vous le prêter mais
Vous DEVEZ voir ce film.
Si vous pouvez Achetez-le et Prêtez-le !
Si cependant vous ne le trouvez pas,
vous pouvez le visionner sur DailyMotion (en plusieurs parties).

lundi 29 décembre 2008

Intempéries 2008 : 200 milliards de dollars

FRANCFORT (Reuters) - Le total des coûts financiers associés aux catastrophes naturelles qui auront marqué 2008 atteindra environ 200 milliards de dollars, le troisième bilan annuel le plus élevé, selon des estimations publiées par Munich Re.

Le numéro un mondial de la réassurance par le chiffre d'affaires indique, selon un extrait de son rapport annuel sur les catastrophes naturelles, que les pertes totales de 2008 seront plus de deux fois plus lourdes qu'en 2007.

Deux seules années auront été plus coûteuses, 2005 avec une facture record de 232 milliards de dollars, et 1995, année du tremblement de terre de Kobé au Japon. Le bilan économique des catastrophes de ces deux années-là est ajusté de l'inflation.

Les pertes assurées - couvertes par les compagnies d'assurance et de réassurance - ont grimpé quant à elles en 2008, selon les estimations de Munich Re, de 50% environ par rapport à 2007 pour atteindre 45 milliards de dollars, juste en dessous des 50 milliards déboursés par le secteur en 2005.

Pour les pertes assurées, l'ouragan Ike a été l'évènement le plus coûteux de l'année qui s'achève.

En ce qui concerne le bilan humain, l'Asie est restée cette année le continent le plus frappé, avec au moins 200.000 morts à cause du cyclone Nargis qui a balayé la Birmanie, tandis qu'au moins 70.000 personnes ont perdu la vie dans le tremblement de terre du Sichuan, en Chine.

Munich Re a ajouté que l'année 2008 n'avait pas échappé à la tendance long terme observée actuellement, à savoir des aléas climatiques extrêmes de plus en plus fréquents, suivis de catastrophes naturelles de plus en plus destructrices.

"Dans le débat international, nous, en tant qu'entreprise, appelons à des règles effectives et contraignantes sur les émissions de CO2 afin que le changement climatique soit freiné et que les générations futures n'aient pas à vivre avec des scénarios météorologiques difficiles à contrôler", conclut Torsten Jeworrek, membre du directoire de Munich Re, dans un communiqué.

Source : Reuters, Tyler Sitte, version française Gilles Guillaume, UsineNouvelles.com

lundi 24 novembre 2008

Une Vérité qui Dérange


Une Vérité qui Dérange

L'humanité est assise sur une bombe à retardement. Les savants du monde entier s'accordent pour dire qu'il nous reste à peine dix ans pour éviter une catastrophe planétaire - un dérèglement majeur du système climatique qui entraînerait des perturbations météorologiques extrêmes, des inondations, de longues périodes de sécheresse, des vagues de chaleur meurtrières.

Cette catastrophe d'une ampleur sans précédent, nous en serions les premiers responsables : nous seuls pouvons encore l'éviter.

Plutôt que de sonner le tocsin de l'apocalypse ou de céder à la délectation morose, Une vérité qui dérange a choisi d'illustrer et de relayer l'action et le combat passionné d'un homme, l'ancien Vice-président Al Gore, qui depuis cinq ans sillonne les États-Unis pour persuader ses concitoyens de l'urgente nécessité de réagir à cette crise.


Bande Annonce


Vous DEVEZ voir ce film. Louez-le, si vous le pouvez, Achetez-le et Prêtez-le ! Si cependant vous ne le trouvez pas, vous pouvez le visionner sur DailyMotion (en plusieurs parties).






Site Officiel
Film américain.
Genre : Documentaire
Durée : 1h 38min
Année de production : 2006 .

Réalisé par Davis Guggenheim

Avec AlGore, Charles Berling


mardi 9 septembre 2008

Arctique, Fonte record pour la Banquise en 2008

Les derniers chiffres de l’étendue de la banquise Arctique démontrent que le record de fonte de l’année dernière n’était pas un événement isolé. D’après le Groupe de Recherche Polaire de l’Université de l’ILLINOIS, le mois d’août 2008 vient de s’achever sur un record mensuel de réduction des glaces arctiques.

La moyenne quotidienne des pertes de glace a été pour le mois d’août 2008 de 78 000 km2, alors que les pertes généralement mesurées en cette période de l’année sont de 27 000 km2 par jour.

Dans une année typique, le taux journalier de la perte de glace commence à ralentir au mois d’août, cette année la valeur du déclin journalier est restée très régulièrement élevée. D’après les scientifiques, cette perte de glace est la conséquence de la mince couverture de glace de cette année qui demande peu d’énergie pour fondre.

Actuellement, la superficie des glaces gelées se rapproche de celle du triste record de 2007, au 3 septembre la surface comportant plus de 15 % de glace était de 4,85 millions de km2 soit 0,37 millions de plus que l’année dernière à cette même date et 2,08 millions de moins que la moyenne enregistrée de 1979 à 2000.

Source : Michel Sage, Univers-Nature.com

jeudi 7 août 2008

Confirmation du lien entre réchauffement et très fortes précipitations

Des climatologues américains et britanniques ont confirmé le lien entre le réchauffement climatique et l'accroissement des très fortes précipitations en comparant modèles informatiques et observations par satellite. L'amplification des pluies d'une intensité extrême s'est même révélée nettement plus grande que ce qu'avaient prévu jusqu'à présent les modèles informatiques, soulignent les auteurs d'une étude parue dans Science du 8 août dernier.

Pour comprendre comment les précipitations répondaient au réchauffement du climat, ces chercheurs ont étudié les changements naturels liés au courant marin chaud El Niño dans le Pacifique sud qu'ils ont utilisé comme un laboratoire pour vérifier leurs hypothèses. En se basant sur vingt ans d'observations faites par des satellites, ces scientifiques ont découvert un lien très clair entre l'intensité extrême des pluies tropicales et la température de l'eau, la fréquence de très fortes précipitations augmentant durant les périodes chaudes et diminuant lors des périodes froides.

"Une atmosphère plus chaude contient davantage d'humidité, ce qui accroît l'intensité des trombes d'eau", explique le Pr. Brian Soden, l'un des co-auteurs de ce rapport. "La comparaison des observations satellitaires avec les résultats des modèles climatiques informatiques permet de mieux comprendre comment les précipitations répondent au réchauffement du climat", ajoute Richard Allan, également.

Un des plus grands défis auxquels fait face l'humanité est de s'adapter aux conditions météorologiques extrêmes résultant du réchauffement de la planète, notent ces scientifiques. Et l'un de ces défis est la plus grande fréquence de très fortes précipitations liée au réchauffement, due à un accroissement des masses humides se condensant dans l'atmosphère. La fréquence des trombes d'eau qui en résulte accroît le risque d'inondations qui peuvent avoir des conséquences économiques et sociétales dévastatrices, expliquent les auteurs de l'étude.

Source : Sciences

jeudi 17 mars 2005

Fête de la Terre - Mars 2005

* À l'occasion du Jour de la Terre, Laure Waridel donnera une conférence publique le 21 avril prochain sur le thème du commerce équitable. Pour obtenir de plus amples informations concernant la conférence, inscrivez-vous à :
http://www.equiterre.org/organisme/waridel-conference.php

Lancement du livre de Laure Waridel à Québec et Salon du livre de l'Outaouais

Après le succès du lancement montréalais au Pavillon des sciences de l'UQAM le 21 février dernier, Laure Waridel lancera son nouveau livre « Acheter c'est voter. Le cas du café » à la Bibliothèque de l'Assemblée nationale de Québec le 22 mars prochain.

De plus, Laure Waridel sera au Salon du livre de l'Outaouais le samedi 19 mars. Elle sera présente de 15h à 17h pour une séance de signatures et de 17h30 à 19h30 pour une conférence.





* Festival environnemental de l'UQAM, du 21 au 24 mars 2005. Pour obtenir la programmation complète du festival (activités, musiques festives, ateliers et conférences), consultez :
http://www.environnement.uqam.ca

Du 17 au 24 mars, Équiterre accueillera en partenariat avec Transfair Canada, un producteur d'une plantation de thé biologique et équitable du Sri Lanka. Nous vous invitons à aller le rencontrer à « l'Expo Manger Santé » au kiosque d'Oxfam-Québec le 19 mars
prochain.

De plus, pour lui offrir un accueil chaleureux au Québec, nous sommes à la recherche d'une personne désirant héberger le producteur de thé le 17-18 et 19 mars et/ou le 24-25 mars prochain à Montréal. SVP, contactez Murielle Vrins au 522-2000, poste 240 ou mvrins@e...


* Dites à Stéphane Dion que l'industrie automobile doit produire des voitures plus propres

Équiterre et la Fondation David Suzuki vous invitent à envoyer un courriel au ministre de l'Environnement, Stéphane Dion, lui demandant de réglementer immédiatement l'industrie automobile et ainsi forcer la vente, au Canada, de voitures moins polluantes. À l'heure actuelle, le gouvernement du Canada cherche à conclure une entente « volontaire » avec les constructeurs.

Ces négociations n'ont donné jusqu'à présent aucun résultat. Il est temps que le gouvernement cesse d'espérer de bons gestes de la part de l'industrie automobile et qu'il réglemente cette industrie responsable d'une part importante de nos émissions de gaz à effet de serre.

mercredi 6 octobre 2004

Cuire comme une Grenouille...

Principe de la grenouille chauffée
(Olivier Clerc, écrivain et philosophe)


« Imaginez une marmite remplie d'eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite, l'eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède.

La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager. La température continue à grimper. L'eau est maintenant chaude. C'est un peu plus que n'apprécie la grenouille, ça la fatigue un peu, mais elle ne s'affole pas pour autant. L'eau est cette fois vraiment chaude.

La grenouille commence à trouver le milieu désagréable, mais elle s'est affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température continue à monter jusqu 'au moment où la grenouille finit tout simplement par cuire et mourir, sans jamais avoir fait quoi que ce soit pour s'extraire de la marmite.
Si la même grenouille avait été plongée directement dans l'eau à 50°, elle aurait immédiatement donné le coup de patte adéquat qui l'aurait éjectée aussitôt de la marmite.. Cette expérience montre que, lorsqu'un changement s'effectue d'une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte. »

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Réflexion... (par Michel Dogna, 4 juin 2003 - SOS-Planète)

Si nous regardons ce qui se passe dans notre société depuis quelques décennies, nous subissons une lente dérive à laquelle nous nous habituons. Des tas de choses qui nous auraient horrifiés il y a 20, 30 ou 40 ans, ont été peu à peu banalisées, édulcorées et nous dérangent mollement à ce jour ou laissent carrément indifférents la plupart des personnes.

AU NOM DU PROGRÈS et de la science, les pires atteintes aux libertés individuelles, à la dignité du vivant, à l'intégrité de la nature, à la beauté et au bonheur de vivre, s'effectuent lentement et inexorablement avec la complicité constante des victimes, ignorantes ou démunies.

Les noirs tableaux annoncés pour l'avenir, au lieu de susciter des réactions et des mesures préventives, ne font que préparer psychologiquement le peuple à accepter des conditions de vie décadentes, voire DRAMATIQUES. Le GAVAGE PERMANENT d'information de la part des médias sature les cerveaux qui n'arrivent plus à faire la part des choses entre le réel et le virtuel, entre la fictionet la réalité.

L'énergie nucléaire, les engrais chimiques, le clonage, le génie génétique ont grignoté progressivement notre libre arbitre au point qu'il est devenu ILLÉGAL de vouloir manger bio, condamnable de vouloir échapper aux vaccinations. (...) Alors, si vous n'êtes pas, comme la grenouille, déjà à moitié cuits, donnez le coup de patte salutaire avant qu'il ne soit trop tard.

mardi 6 avril 2004

Le Boeuf dévore l'Amazomie...

Au Brésil, la croissance galopante de l'élevage bovin ces dernières années se fait au détriment de la forêt.



Échange hamburgers à New York, Paris et Moscou contre forêts d'Amazonie. C'est nouveau : le Brésil gonfle ses exportations de viande bovine. Prix bas, marché désorganisé par la vache folle, capacités de croissance... le boeuf brésilien devient un acteur mondial, passant de 300 000 à 1,4 million de tonnes entre 1997 et 2004. Bonne nouvelle pour son économie, mauvais coup pour ses forêts. C'est le constat d'un rapport du Cifor (1) publié vendredi.

Pâturages. Benoît Mertens, l'un des auteurs, en explique l'origine : «Nous nous demandions d'où venait la croissance subite de la déforestation, dont le rythme annuel dépasse maintenant les 2,5 millions d'hectares, 0,5 % de la forêt brésilienne, selon l'Agence spatiale brésilienne.» Réponse : «L'essentiel provient de l'accélération des exportations de viande bovine.» Logique, puisque l'on attribue près de 80 % de la déforestation en Amazonie à la transformation d'espaces forestiers en pâturages.

Jusqu'en 1997, difficile de critiquer et d'invoquer la «hamburger connection», stigmatisée en 1980 par l'écologiste Norman Myers. Mertens rappelle que «la production brésilienne était inférieure à la consommation locale.» Elle ne l'a dépassée qu'en 1997, avec environ 6 millions de tonnes. Un quadruplement en trente ans, opéré au détriment de la forêt atlantique, puis de l'Amazonie où s'étend la forêt tropicale sur cinq millions de km2. En revanche, aujourd'hui, la croissance suit une logique d'exportation et non la satisfaction des besoins locaux. En 2004, la production devrait s'envoler à près de 8 millions de tonnes, pour plus de 1,4 million exportées. Leur valeur passant de 0,5 à 1,5 milliard de dollars.

Cette expansion de l'élevage pour l'exportation, souvent le fait de grandes exploitations (fazendas), s'est révélée particulièrement dévoreuse de forêts en Amazonie (2). La croissance du cheptel est directement responsable de la déforestation, à raison d'un hectare par tête de bétail, estiment les scientifiques. Alors que moins de 18 % du cheptel brésilien était élevé en Amazonie en 1990, on y compte maintenant plus de 30 % du total, le nombre de têtes passant de 26 à plus de 57 millions. A l'exemple de la région de São Felix de Xingu (Etat de Para) où le cheptel est passé de 22 000 têtes en 1980 à un million aujourd'hui. Une expansion facilitée par la construction de routes permettant d'alimenter les villes du sud-est et du nord-est du Brésil en viande et en lait.

Fronts pionniers. Après le constat, les recommandations. Réalistes, les scientifiques du Cifor ne font aucun crédit aux discours niant les besoins alimentaires des Brésiliens ou l'attrait des exportations pour son économie. La solution ? «Intensifier l'élevage sur les zones qui y sont déjà consacrées, et fixer les populations sur les fronts pionniers», résume Benoît Mertens. Les techniques pastorales, très extensives, n'ont en effet pas grand-chose à voir avec les densités des élevages européens. Un espoir : la durabilité des pâturages semble «bien supérieure à celle que l'on escomptait, en particulier avec l'amélioration des espèces fourragères», insiste Mertens. Mais l'aide technique lui semble insuffisante.

Il faut aussi «fixer les populations». En régularisant les propriétés foncières, ce qui permet de mieux les contrôler. Et par l'implantation de services (écoles, système de santé, commerces...) qui convaincront les petits éleveurs qu'il vaut mieux investir dans l'amélioration de leurs pâturages qu'aller déforester ailleurs si les rendements baissent. Seule cette démarche lui semble susceptible de permettre au gouvernement d'obtenir un ralentissement de la déforestation et une meilleure protection des zones les plus riches en biodiversité.

(1) Centre international de recherches forestières.

(2) L'Amazonie s'étend sur neuf Etats (Amazonas, Roraïma, Acre, Rodonia, Mato Grosso, Para, Amapa, Maranhão, Tocantins). 20 millions de Brésiliens y vivent.

Source : Sylvestre HUET Libération - mardi 6 avril 2004

dimanche 28 mars 2004

Cent pays en Corée du Sud au chevet de l'environnement

SEOUL - L'eau potable, dont sont privés un milliard d'habitants, les "zones mortes" dans les océans, sans oxygène et donc sans vie, les tempêtes de sable qui brûlent l'Asie du Nord: 100 pays se retrouvent lundi en Corée du Sud pour tenter de guérir ces maux de l'environnement.


"L'eau potable reste la question la plus grave et la plus critique du XXIe siècle", écrit Klaus Toepfer, directeur du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), dans un rapport chargé de préparer la première conférence asiatique de l'agence, de lundi à mercredi sur l'île de Jeju, dans le sud de la Corée. "Un sixième de la population mondiale, soit un milliard de personnes, n'a d'ores et déjà pas accès à l'eau potable, étant ainsi privé du plus élémentaire des besoins humains", souligne-t-il.

Et, si rien n'est fait, ce sera un tiers de la population, soit deux milliards de personnes, qui souffriront du manque d'eau d'ici quelques décennies, avertit le responsable.

L'Asie souffre déjà du taux de population disposant d'eau potable le plus faible au monde, ses villes comptant parmi les plus polluées de la planète et son habitat naturel parmi les plus menacés.

Les écologistes préviennent que le continent ne peut pas se permettre de suivre l'exemple des autres régions développées. "Historiquement, l'Europe, l'Afrique du Nord et le Japon se sont industrialisés d'abord et ont nettoyé ensuite. Une telle pensée rétrograde n'est plus possible dans un monde de six milliards d'habitants", avertit M. Toepfer.

Tout aussi critique est l'apparition de "zones mortes" dans les mers et océans. L'apparition de ces lieux complètement privés d'oxygène et donc de vie est "entièrement due à la pollution" et a de "graves implications sur la pêche et la conservation de la faune marine et bien sûr, sur la population", souligne Nick Nuttall, responsable des médias au PNUE.

La conférence étudiera le lien possible entre ces zones et le "nuage atmosphérique brun", une couverture de pollution épaisse d'environ trois kilomètres qui inquiète les scientifiques depuis des années.

Le PNUE se penchera également sur les tempêtes de sable qui se forment dans les déserts de Chine et ravagent la péninsule coréenne, le Japon et jusqu'à la côte ouest des Etats-Unis. Le PNUE qualifie le phénomène de "menace importante pour la santé, l'économie et l'environnement pour la région et au-delà."

La Chine tente de contrer le danger en stoppant l'avancée du désert de Gobi grâce notamment à la reforestation. "Les progrès sont lents mais les mesures sont efficaces", souligne le rapport du PNUE.

Le PNUE devrait également durant cette conférence rendre public son livre annuel sur les perspectives environnementales, qui évalue l'évolution de différents dossiers, comme l'objectif de réduire de moitié la proportion de la population sans accès durable à l'eau potable, d'ici 2015.


Source : AFP - Yahoo ! France - Actualités - dimanche 28 mars 2004, 10h59