Voici quelques infos «Thermomètres» pour dresser un bilan juste de la situation mondiale. Ceci confirme en bien des points les excellentes analyses de LEAP
21/4 La crise financière coûtera 4.000 milliards de dollars
21/4 : L'Australie en récession
21/4: Caterpillar publie sa première perte trimestrielle depuis 1992
21/4Nouveau repli en vue à New York après de mauvais résultats
21/4 Le débit de nombreux fleuves décline dans le monde
18/4 L'immobilier commercial donne des migraines aux banques
17/4 L'Asie menacée de conflits pour l'accès à l'eau
12/4 Faillite d'une 23e banque aux Etats-Unis
12/4 La société de télécommunications britannique BT va supprimer 10.000 emplois
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mercredi 22 avril 2009
Infos des dernières semaines a retenir
mercredi 8 avril 2009
Banques US Insolvables
Et bien voilà ce que vient de déclarer ce grand spécialiste de la finance mondiale à Reuters Financial Television :
«L'économie américaine va connaître un ralentissement prolongé et ne se redressera pas cette année, tandis que le système bancaire dans son ensemble est fondamentalement insolvable».
Alors que nationaliser les banques est pour lui "hors de question", il a jugé que les tests de résistance menés dans le secteur par le Trésor américain pourraient constituer le prélude à une recapitalisation plus réussie.
Il a cependant averti du danger d'atténuer les règles d'application de la méthode comptable "mark-to-market", ce qui risque de prolonger la vie de banques américaines "zombies".
Soros juge possible une amélioration de la situation économique mondiale en 2010 mais le calendrier dépendra selon lui de la profondeur de la récession.
La Chine sera, à son avis, le premier pays à émerger de la récession, probablement cette année, et elle constituera le fer de lance de la croissance mondiale en 2010.
Il a jugé que les responsables économiques mondiaux "commençaient en vérité à refaire leur retard" sur la crise et dans les efforts pour résoudre les problèmes structurels du système financier.
"Le système avait des défauts fondamentaux et on ne reviendra pas à la situation d'où l'on part", a-t-il estimé.
Concernant les devises, Soros a jugé que le dollar était sous pression et que la monnaie américaine pourrait finalement être remplacée comme devise mondiale de réserve, éventuellement par les Droits de tirage spécial (DTS) du Fonds monétaire international.
Les DTS, un panier de devises composé actuellement de dollars, d'euros, de livres sterling et de yens, ont été créés en 1969 par le FMI en tant que réserve internationale d'actifs.
La Chine a récemment proposé une utilisation accrue des DTS, éventuellement comme devise mondiale de réserve.
"A long terme, avoir une unité internationale de compte autre que le dollar pourrait être un avantage", a estimé Soros.
Il a ajouté que le système ayant permis aux Etats-Unis de dépenser plus qu'ils ne gagnent "prenait fin" et devait être "changé".
AVANTAGE COLOSSAL DE L'EURO
Pour Soros, la crise financière ne peut qu'inciter les Etats utilisant l'euro à ne pas quitter l'union monétaire européenne, surtout si l'on considère les grandes difficultés de certains pays d'Europe de l'Est.
L'euro a offert "un avantage colossal" aux pays qui l'utilisaient, et il est "inenvisageable pour un pays moins performant d'en sortir", a-t-il expliqué.
Même si l'augmentation des ressources du FMI décidée la semaine dernière lors du sommet du G20 à Londres va aider à stabiliser les économies d'Europe de l'Est, certains pays restent dans une situation délicate, a-t-il ajouté, citant les Etats baltes ou encore l'Ukraine qui n'est selon lui pas loin de faire défaut sur sa dette.
Le milliardaire s'est cependant réjoui de voir l'Allemagne, principale économie de la zone euro, davantage prête à venir en aide aux pays en difficulté.
"L'Allemagne, qui était la plus réticente à devenir la source de financement du reste de l'Europe, a reconnu qu'elle aussi avait une responsabilité envers les nouveaux entrants", a-t-il relevé.
Source: Yahoo Actualités / Reuters - Steven C. Johnson, version française Grégory Schwartz et Stanislas Dembinski
jeudi 5 mars 2009
28 % des Stocks de Poissons Surexploités
La pêche mondiale a atteint un nouveau record de production en 2006, avec 143,6 millions de tonnes. La croissance repose uniquement sur l'aquaculture, qui représente désormais 47 % du poisson consommé par l'homme. Quelque 110 millions de tonnes sont destinées à l'alimentation humaine, le reste à la nourriture du bétail ou à la fabrication de farine de poisson pour l'aquaculture.
Selon la FAO, environ 28 % des stocks sont surexploités, dont 8 % sont épuisés et 1 % en cours de reconstitution. Environ 52 % sont pleinement exploités, c'est-à-dire "générant des captures dont le volume est proche du seuil d'équilibre, interdisant ainsi toute expansion future". Seuls 20 % sont modérément ou sous-exploités.
"Plus de 80 % des stocks sont pleinement exploités ou surexploités et nécessitent une gestion prudente et efficace, écrivent les auteurs. Le potentiel maximal de prélèvement sur les stocks naturels a probablement été atteint et nécessite une approche davantage contrôlée de la gestion de pêche."
Selon Daniel Pauly, qui a analysé en détail les données de la FAO, la pêche s'est développée, depuis les années 1950, en suivant "trois axes". "En premier lieu, les flottes des pays du Nord ont envahi les mers des pays du Sud", explique le chercheur.
"Le deuxième axe, c'est la descente vers les profondeurs", poursuit-il. Or les espèces des grandes profondeurs vivant longtemps et se reproduisant très lentement, elles sont particulièrement vulnérables.
Le troisième axe est celui de la diversification. "On descend dans la chaîne alimentaire des océans, on pêche des poissons de plus en plus petits, de plus en plus bizarres, qu'on ne pêchait pas auparavant", dit M. Pauly.
Selon le scientifique, les conséquences en chaîne du dérèglement de l'écosystème océanique pourraient être dramatiques si la situation ne change pas : prolifération de méduses et d'algues, multiplication des "zones mortes" (sans oxygène) dans les océans.
Dans son rapport, la FAO met en garde : les pratiques de pêche "responsables" devraient être généralisées. Mais ces recommandations restent dans l'ensemble lettre morte.
Le rapport insiste sur un autre danger : le changement climatique, qui commence à bouleverser la répartition des espèces. "Les espèces d'eaux plus chaudes se retrouvent déplacées vers les pôles en voyant la taille et la productivité de leur habitat se transformer", dit le rapport.
La FAO prévoit que ce phénomène aura des conséquences "considérables" pour les communautés dépendantes économiquement de la pêche. Dans le monde, 43,5 millions de personnes vivent directement de la pêche et de l'aquaculture et 500 millions travaillent dans la filière.
vendredi 27 février 2009
Apres la Crise Financiere, voici la Guerre Civile
Dans cette édition où il est question que la crise entre, au quatrième trimestre 2009, dans une phase de "dislocation géopolitique mondiale", les experts prévoient un "sauve-qui-peut généralisé" dans les pays frappés par la crise. Cette débandade se conclurait ensuite par des logiques d'affrontements, autrement dit, par des semi-guerres civiles. "Si votre pays ou région est une zone où circulent massivement des armes à feu (parmi les grands pays, seuls les Etats-Unis sont dans ce cas), indique le LEAP, alors le meilleur moyen de faire face à la dislocation est de quitter votre région, si cela est possible."
Selon cette association, formée de contributeurs indépendants issus des milieux politiques et économiques et de professionnels européens de différents secteurs, les zones les plus dangereuses sont celles où le système de protection sociale est le plus faible.
La crise serait ainsi à même de susciter de violentes révoltes populaires dont l'intensité serait aggravée par une libre circulation des armes à feu. L'Amérique latine, mais aussi les Etats-Unis sont les zones les plus à risques. "Il y a 200 millions d'armes à feu en circulation aux Etats-Unis, et la violence sociale s'est déjà manifestée via les gangs", rappelle Franck Biancheri, à la tête de l'association. Les experts du LEAP décèlent d'ailleurs déjà des fuites de populations des Etats-Unis vers l'Europe, "où la dangerosité physique directe restera marginale", selon eux.
FAIRE DES RÉSERVES
Au-delà de ces conflits armés, le LEAP alerte sur les risques de pénuries possibles d'énergie, de nourriture, d'eau, dans les régions dépendantes de l'extérieur pour leur approvisionnement et conseille de faire des réserves. Cette perspective apocalyptique pourrait faire sourire si ce groupe de réflexion n'avait, dès février 2006, prédit avec une exactitude troublante le déclenchement et l'enchaînement de la crise. Il y a trois ans, l'association décrivait ainsi la venue d'une "crise systémique mondiale", initiée par une infection financière globale liée au surendettement américain, suivie de l'effondrement boursier, en particulier en Asie et aux Etats-Unis (de - 50 % à - 20 % en un an), puis de l'éclatement de l'ensemble des bulles immobilières mondiales au Royaume-Uni, en Espagne, en France et dans les pays émergents. Tout cela provoquant une récession en Europe et une "très Grande Dépression" aux Etats-Unis.
Doit-on en conclure que la crise mondiale peut se transformer en guerre mondiale ? "Les pronostics de LEAP sont extrêmes, mais la violence sociale pointe", admet Laurence Boone, économiste chez Barclays.
Reste un espoir, une "dernière chance" selon le LEAP, qui résiderait dans la capacité du G20, qui se réunira le 2 avril à Londres, à arrêter un plan d'action "convaincant et audacieux". Dans ce cas, le monde ne serait toutefois pas tiré d'affaire, puisque les experts ne manquent de rappeler que se profile aussi une sévère crise climatique...
vendredi 20 février 2009
4° trimestre 2009 : Dislocation Géopolitique Mondiale
Voici le Communiqué public du GEAB 32 :
Depuis Février 2006, LEAP/E2020 avait estimé que la crise systémique globale se déroulerait selon 4 grandes phases structurantes, à savoir les phases de déclenchement, d'accélération, d'impact et de décantation. Ce processus a bien décrit les évènements jusqu'à aujourd'hui. Mais notre équipe estime dorénavant que l'incapacité des dirigeants mondiaux à prendre la mesure de la crise, caractérisée notamment par leur acharnement depuis plus d'un an à en traiter les conséquences au lieu de s'attaquer radicalement à ses causes, va faire entrer la crise systémique globale dans une cinquième phase à partir du 4° trimestre 2009 : la phase dite de dislocation géopolitique mondiale.
Selon LEAP/E2020, cette nouvelle phase de la crise sera ainsi façonnée par deux phénomènes majeurs organisant les évènements en deux séquences parallèles, à savoir :
A. Deux phénomènes majeurs :
1. La disparition du socle financier (Dollars + Dettes) sur l'ensemble de la planète
2. La fragmentation accélérée des intérêts des principaux acteurs du système global et des grands ensembles mondiaux
B. Deux séquences parallèles :
1. La décomposition rapide de l'ensemble du système international actuel
2. La dislocation stratégique de grands acteurs globaux.
Nous avions espéré que la phase de décantation permettrait aux dirigeants du monde entier de tirer les conséquences de l'effondrement du système qui organise la planète depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Hélas, à ce stade, il n'est plus vraiment permis d'être optimiste en la matière (1). Aux Etats-Unis comme en Europe, en Chine ou au Japon, les dirigeants persistent à faire comme si le système global en question était seulement victime d'une panne passagère et qu'il suffisait d'y ajouter quantité de carburants (liquidités) et autres ingrédients (baisse de taux, achats d'actifs toxiques, plans de relance des industries en quasi-faillite,…) pour faire repartir la machine. Or, et c'est bien le sens du terme de « crise systémique globale » créé par LEAP/E2020 dès Février 2006, le système global est désormais hors d'usage. Il faut en reconstruire un nouveau au lieu de s'acharner à sauver ce qui ne peut plus l'être.
Evolution des commandes à l’industrie au cours du 4° trimestre 2008(Japon, Etats-Unis, zone Euro, Royaume-Uni, Chine, Inde) - Sources : MarketOracle / JPMorgan
Selon LEAP/E2020, il ne reste plus qu'une toute petite fenêtre de tir pour tenter d'éviter le pire, à savoir les quatre mois à venir, d'ici l'été 2009. Très concrètement, le Sommet du G20 d'Avril 2009 constitue selon notre équipe la dernière chance pour réorienter de manière constructive les forces en action, c'est-à-dire avant que la séquence cessation de paiement du Royaume-uni, puis des Etats-Unis ne se mette en branle (2). Faute de quoi, ils perdront tout contrôle sur les évènements (3), y compris, pour nombre d'entre eux, dans leurs propres pays, tandis que la planète entrera dans cette phase de dislocation géopolitique à la manière d'un « bateau ivre ». A l'issue de cette phase de dislocation géopolitique, le monde risque de ressembler à l'Europe de 1913 plus qu'à la planète de 2007.
Ainsi, à force de tenter de porter sur leurs épaules le poids toujours croissant de la crise en cours, la plupart des Etats concernés, y compris les plus puissants, ne se sont pas rendu compte qu'ils étaient en train d'organiser leur propre écrasement sous le poids de l'Histoire, oubliant qu'ils n'étaient que des constructions humaines, ne survivant que parce que l'intérêt du plus grand nombre s'y retrouvait. Dans ce numéro 32 du GEAB, LEAP/E2020 a donc choisi d'anticiper les conséquences de cette phase de dislocation géopolitique sur les Etats-Unis et l'UE.
Evolution de la base monétaire des Etats-Unis - (12/2002 – 12/2008)Source US Federal Reserve / DollarDaze
Last but not least, notre équipe considère désormais que ce sont les entités politiques (5) les plus monolithiques, les plus « impériales », qui vont être les plus gravement bouleversées au cours de cette cinquième phase de la crise. La dislocation géopolitique va ainsi s'appliquer à des états qui vont connaître une véritable dislocation stratégique remettant en cause leur intégrité territoriale et l'ensemble de leurs zones d'influences dans le monde. D'autres états, en conséquence, seront projetés brutalement hors de situations protégées pour plonger dans des chaos régionaux.
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Notes:
(1) Barack Obama comme Nicolas Sarkozy ou Gordon Brown passent leur temps à invoquer la dimension historique de la crise pour mieux cacher leur incompréhension de sa nature et tenter de se dédouaner à l'avance de l'échec de leurs politiques. Quant aux autres, ils préfèrent se persuader que tout cela se règlera comme un problème technique un peu plus grave que d'habitude. Et tout ce petit monde continue à jouer selon les règles qu'ils connaissent depuis des décennies, sans se rendre compte que le jeu est en train de disparaître sous leurs yeux.
(2) Voir GEAB précédents.
(3) En fait il est même probable que le G20 aura des difficultés croissantes à tout simplement pouvoir se réunir, sur fond de « chacun pour soi ».
(4) Source : New York Times, 14/02/2009
(5) Et cela nous paraît vrai également pour les entreprises.
Source : LEAP / E2020 - GEAB N°32

